Origine et histoire du Parc de la Tête d'Or
Le parc de la Tête d'Or trouve ses origines dans un domaine marécageux appelé Grange Lambert, mentionné dès 1530 comme propriété de la famille Lambert, puis de l’Hôtel-Dieu en 1662. Son nom viendrait d’une légende évoquant un trésor enfoui par des barbares ou des croisés, incluant une tête de Christ en or. Jusqu’au XIXe siècle, le site, inondable et composé de bras morts du Rhône (lônes) et de marécages (brotteaux), reste à l’état sauvage.
L’idée d’un parc urbain émerge dès 1812, avec des projets successifs pour la Presqu’île ou Fourvière. En 1845, l’architecte Christophe Crépet propose de transformer les atterrissements de la Tête d’Or en un bois inspiré du Bois de Boulogne. Ce projet est repris par le préfet Claude-Marius Vaïsse, qui souhaite « donner la nature à ceux qui n’en ont pas ». En 1856, les Hospices civils de Lyon cèdent le terrain, et les travaux débutent sous la direction des paysagistes suisses Denis et Eugène Bühler, ainsi que de l’ingénieur Gustave Bonnet. Le parc ouvre dès 1857, bien que non achevé, en même temps que Central Park à New York.
Aménagé à l’anglaise avec des pelouses ondulées et un lac de 16 hectares, le parc intègre rapidement des équipements emblématiques : grandes serres (1865), vélodrome (1894), clôture (1896), et serres de collection (1899). Le monument aux morts de l’île aux Cygnes (1914–1930) et la roseraie (1961–1964) complètent plus tard son paysage. Le parc abrite aussi un jardin zoologique (dès 1858) et un jardin botanique parmi les plus riches d’Europe, avec 15 403 plantes répertoriées en 2020.
Le parc est marqué par des innovations, comme le premier système d’immatriculation automobile au monde en 1891, né d’un dispositif temporaire pour identifier les véhicules circulant dans ses allées. Symbole de la vie lyonnaise, il accueille des événements culturels, des espaces de détente (théâtre de Guignol, mini-golf, restaurants) et des infrastructures sportives, dont le vélodrome, rénové en 1934 et homologué pour des compétitions internationales. Aujourd’hui, il reste un poumon vert majeur de l’agglomération, accessible gratuitement.
Son lac, alimenté par la nappe du Rhône, comprend deux îles : l’île des Tamaris (accessible en barque) et l’île du Souvenir, mémorial aux soldats morts au combat, conçu par Tony Garnier et Jean-Baptiste Larrivé. Le parc, bordé par le boulevard des Belges et ses villas cossues, illustre l’évolution urbaine de Lyon, mêlant patrimoine naturel, scientifique (collaboration avec l’école vétérinaire) et historique.